Strasbourg accueille sa première Assemblée citoyenne de l’Eau

Et si les Strasbourgeois·es décidaient de l’avenir de l’eau ?

Les 23 et 24 octobre prochains, Strasbourg accueillera sa première Assemblée citoyenne de l’eau. Pendant un jour et demi, citoyen·nes, étudiant·es, chercheur·ses, associations et acteurs du territoire se réuniront pour débattre de l’avenir de l’eau, actualiser collectivement la Déclaration de Strasbourg sur l’eau, et réfléchir à la manière de donner une place durable aux citoyen·nes dans les décisions qui concernent cette ressource essentielle.

A l’issue de cette Assemblée, deux représentant·es seront sélectionné·es pour porter ses propositions à la 3ème Conférence des Nations Unies sur l’Eau, à Abu Dhabi, en décembre 2026.

De Strasbourg à l’ONU : donner une voix au citoyen·nes

Alors que le changement climatique, les tensions sur la ressource et les conflits d’usage redent les questions liées à l’eau de plus en plus urgentes pour les territoires, quelle place les citoyen·nes doivent-ils avoir dans les décisions sur l’eau ?

Cette question a notamment fait l’objet d’une motion du Conseil de l’Eurométropole de Strasbourg en 2023 en faveur du « droit à l’eau et sa gestion démocratique et citoyenne », affirmant que l’eau est un bien commun dont la gestion doit être publique, démocratique et citoyenne. La même année, la Présidente de l’Eurométropole saisissait le Conseil de développement sur la ressource en eau : une soixantaine de citoyen·nes avaient alors élaboré 30 préconisations, présentées devant le Conseil en octobre 2024.

Deux initiatives fortes, mais qui restent aujourd’hui déclaratives: aucun mécanisme permanent n’a encore été mis en place pour les traduire en pratique. L’enjeu, désormais, est de passer de la consultation à la participation pérenne. L’ambition de cette Assemblée citoyenne de l’eau est donc de créer un espace où les habitant·es et les acteurs du territoire peuvent débattre, formuler des propositions, et réfléchir à la manière dont leur participation pourrait devenir une composante durable de la gouvernance de locale de l’eau.

Une déclaration vieille de 28 ans actualisée

Pour nourrir les échanges, Solidarité Eau Europe remet sur la table un texte fondateur de l’association : la Déclaration de Strasbourg « L’eau, source de citoyenneté, de paix, et de développement régional« , élaborée en 1998 avec le Conseil de l’Europe et adoptée lors d’un Forum européen réunissant société civile, chercheur·ses, institutions et ONG. Ce texte envisageait déjà l’eau bien au-delà de sa seule dimension technique.

Vingt huit ans plus tard, les enjeux contemporains du changement climatique, la dégradation des milieux aquatiques, la multiplication des tensions autour des usages, et les inégalités face à la résilience des territoires invitent à actualiser ce texte face aux réalités d’aujourd’hui. Pour se faire, des tables thématiques autour des 5 axes actuels de la Déclaration sera organisées : démocratie de l’eau, protection des milieux aquatiques, des services d’eau au service d’une économie équitable, l’eau comme facteur d’aménagement du territoire; l’eau comme source d’enseignements.

L’objectif est donc d’actualiser collectivement cette Déclaration de Strasbourg, et lui donner une traduction institutionnelle concrète à l’échelle locale et transfrontalière, à travers la création d’un mécanisme permanent de participation citoyenne sur l’eau.

Une ambition internationale

A l’issue de l’Assemblée, deux délégué·es seront désigné·es, à travers un vote de l’ensemble des participant·es, pour représenter les travaux  à la Conférence des Nations Unies sur l’Eau à Abu Dhabi. Ils et elles auront pour mission de porter une parole issue directement des échanges de l’Assemblée, et de faire remonter les propositions formulées à Strasbourg dans les débats internationaux sur l’avenir de l’eau.

L’Assemblée citoyenne est ouverte à toutes et tous : aucune expertise particulière sur l’eau n’est requise. L’objectif est précisément de faire dialoguer différents savoirs et expériences, ceux des habitant·es, des étudiant·es, des chercheur·ses, des associations et des professionnel·les du secteur.

Ces échanges devront répondre à une question : comment faire de la participation citoyenne une réalité durable de la gouvernance de l’eau ?

Les conclusions de l’Assemblée constitueront la première étape d’une démarche appelée à se poursuivre au-delà des deux journées.

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