Au début d’une année marquée par des événements internationaux majeurs dans le domaine de l’eau, le Secrétariat international de l’eau (SIE) s’est mobilisé à Dakar (janvier 2026) pour participer à la réunion préparatoire de haut niveau de la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 et à sa réunion d’une journée des parties prenantes. Ce moment clé a offert une opportunité stratégique de positionner le SIE et les plateformes que nous catalysons – le Mouvement global de la jeunesse pour l’eau et la coalition d’ONG l’Effet Papillon – au cœur des discussions actuelles et futures sur la gouvernance mondiale de l’eau.
Le SIE s’est efforcé de porter les priorités des parties prenantes identifiées dans le cadre de sa série de webinaires « En route vers la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 » au plus haut niveau politique, tout en garantissant la continuité des engagements pris dans le cadre des principaux processus mondiaux liés à l’eau, depuis Dakar et le Blue Deal du Forum mondial de l’eau 2022 jusqu’à la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2023 et au-delà. La continuité et la responsabilité sont au cœur du plaidoyer du SIE : les jeunes et la société civile jouent un rôle fondamental en rappelant aux décideurs les engagements passés, en suivant les progrès, en proposant des solutions et en tenant les institutions responsables de la concrétisation de leurs promesses.

Dakar s’est avéré être un espace essentiel pour faire entendre la voix des jeunes et de la société civile, contribuer à la définition de l’agenda pour décembre 2026 et lancer des réflexions allant au-delà de 2028 et jusqu’à l’horizon post-2030. Grâce à des échanges de haut niveau, des dialogues multipartites et des interventions menées par des jeunes, le SIE a renforcé son rôle de plateforme de rassemblement et de liaison entre les acteurs de terrain et les processus politiques internationaux, tout en renforçant ses relations avec les gouvernements, les entités des Nations unies et les principaux partenaires institutionnels.
Une société civile forte et l’autonomisation des jeunes
Malgré des défis importants liés aux visas et au financement limité, le SIE a coordonné la participation de la société civile par le biais de la coalition d’ONG Butterfly Effect, avec plus de 12 organisations membres présentes à Dakar. Plus largement, la réunion a été marquée par une mobilisation forte et encourageante des acteurs de la société civile, en particulier lors des sessions des parties prenantes, mais aussi au sein même de la conférence officielle. Il est important de noter que les résultats des six dialogues interactifs ont été officiellement restitués lors des plénières officielles, ce qui témoigne de l’ouverture manifeste des co-organisateurs à une participation plus inclusive.

Avant les événements officiels, le SIE en collaboration avec les principaux partenaires du Mouvement global de la jeunesse pour l’eau, a organisé les « Journées interactives de la jeunesse » afin de renforcer les capacités des jeunes et de coordonner leur mobilisation. Les participants ont pris part à une session thématique sur l’eau et la paix et ont élaboré conjointement des messages et des propositions clés.
Tout au long de la semaine, les jeunes ont joué un rôle visible et influent grâce à un programme dédié qui a permis d’aligner les organisations autour de priorités communes en matière de plaidoyer, en étroite coordination avec le Groupe majeur des Nations unies pour les enfants et les jeunes (UNMGCY) et des partenaires sénégalais, dont l’AJPEAS et Ipar.

L’un des principaux objectifs était de promouvoir des mécanismes concrets pour institutionnaliser l’engagement des jeunes, en particulier la stratégie des jeunes pour l’eau (Water Youth Strategy) et sa mise en œuvre, afin de garantir que les contributions des jeunes se traduisent par des résultats durables sur la voie menant aux Émirats arabes unis en décembre 2026 et au-delà, alimentant ainsi les réflexions sur l’agenda post-2030.
Ces sessions préparatoires ont permis aux jeunes d’intervenir avec force lors des échanges entre les parties prenantes, de la cérémonie d’ouverture et des tables rondes, tant lors de la réunion d’une journée avec les parties prenantes que lors de la réunion préparatoire de haut niveau. Les contributions des jeunes ont été largement saluées et ont démontré leur valeur ajoutée dans l’orientation des discussions sur la gouvernance de l’eau, la responsabilité et la planification à long terme.
« Nous ne sommes pas ici uniquement pour être consultés, nous sommes ici pour co-créer »
– Handel Mux Roquel, membre de la section Amérique latine et Caraïbes du Parlement mondial des jeunes pour l’eau, cérémonie d’ouverture
« La question n’est plus de savoir si les jeunes ont suffisamment d’expérience ; la vraie question est de savoir comment nous coopérons entre les générations pour avoir un impact. »
– Emira Seidenalieva, membre du Parlement des jeunes d’Asie centrale pour l’eau (CAY4W)

Façonner l’agenda post-2030 et soutenir la diplomatie de l’eau
Le SIE, en collaboration avec l’Effet Papillon, a coanimé les discussions relatives au dialogue interactif 5 « L’eau dans les processus multilatéraux » lors de la réunion d’une journée des parties prenantes, organisée par le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DESA), le Réseau africain de la société civile sur l’eau et l’assainissement (ANEW) et le German WASH network.

Ce processus a été soutenu par plusieurs réunions préparatoires et la rédaction d’un document de réflexion partagé à l’avance avec les participants, intégrant les messages de plaidoyer du SIE et de la coalition sur le renforcement de la gouvernance mondiale de l’eau.
Le dialogue a réuni des représentants des gouvernements, des entités des Nations unies, l’Envoyée spéciale des Nations unies pour l’eau, la société civile et le secteur privé, soulignant l’importance d’espaces multipartites réguliers et inclusifs pour aligner les perspectives, s’appuyer sur les cadres existants et éviter la duplication des efforts. Ces échanges ont également permis au SIE d’établir des contacts directs avec plusieurs représentants gouvernementaux, jetant ainsi les bases d’une coordination accrue à l’horizon 2026 et au-delà, notamment en ce qui concerne les propositions des jeunes et de la société civile.
La mobilisation du SIE à Dakar a bénéficié d’une forte couverture médiatique, notamment une conférence de presse, des interviews et de multiples mentions dans les médias, assurant une grande visibilité au SIE et à ses réseaux.
Notre partenariat avec The Water Diplomat a permis d’organiser un dialogue intergénérationnel sur l’eau dans les processus multilatéraux et l’agenda post-2030 avec des représentants de la jeunesse du Mouvement Global de la jeunesse pour l’eau et des personnalités de haut niveau de la délégation allemande – qui copréside le Dialogue interactif 5 – et un représentant du Sénégal, co-hôte de la Conférence des Nations unies. Cet échange a souligné l’urgence de s’appuyer sur l’héritage de l’Agenda 2030 en renforçant la diplomatie de l’eau et en créant une feuille de route commune pour l’action au-delà de 2030, et en mettant en avant le Dialogue interactif 5 comme une plateforme essentielle pour intégrer la sécurité de l’eau dans une gouvernance mondiale plus large, garantissant la coordination entre les cadres politiques en matière de climat, de développement et de paix. Les participants ont souligné la nécessité de maintenir la dynamique politique, de renforcer la coopération entre les États et les parties prenantes, et de traduire les engagements en partenariats et solutions concrets avant la conférence de décembre.
Perspectives d’avenir : de Dakar à la scène mondiale
À l’heure où le monde entier se mobilise autour d’un impératif commun, à savoir garantir l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous, nous appelons collectivement à un regain d’efforts et à une volonté politique plus forte pour répondre à une situation de plus en plus urgente. Les Nations unies nous avertissant que nous sommes passés d’une crise de l’eau à un état de faillite hydrique, le réalisme est de mise. Nous devons reconnaître les défis posés par la crise actuelle du multilatéralisme, tout en nous appuyant sur une conviction claire : aujourd’hui plus que jamais, la collaboration à tous les niveaux est indispensable pour façonner le monde de demain. L’eau est le test ultime de notre capacité à coopérer et à démontrer que l’action collective reste notre solution la plus puissante. Cette réalité doit également se traduire par un passage du discours à la mise en œuvre : passer du plaidoyer à des actions mesurables, fondées sur des activités pratiques, des résultats clairs et le suivi des preuves d’impact. La mobilisation de Dakar, en particulier du côté des jeunes, a confirmé une approche commune centrée sur l’exploitation des partenaires, des plateformes et des événements existants pour obtenir des résultats concrets, même dans des contextes de financement faible ou inexistant, et sur l’utilisation de ces résultats pour renforcer la crédibilité, élargir les ambitions et débloquer un soutien futur.

La mobilisation de Dakar a marqué une étape importante dans la consolidation de la position du Secrétariat international de l’eau en tant que catalyseur légitime de l’engagement des jeunes et de la société civile dans la gouvernance mondiale de l’eau. Fort de cette dynamique, le SIE continuera à s’engager activement dans le processus préparatoire à travers plusieurs étapes importantes à venir, notamment la 43e réunion de l’ONU-Eau à Rome, le processus de Douchanbé sur l’eau qui façonnera la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2028 et l’agenda post-2030, le Forum politique de haut niveau à New York, tout en plaidant pour l’institutionnalisation de la participation des jeunes et de la société civile aux processus décisionnels liés à l’eau. Cet engagement s’articulera autour d’une feuille de route concrète, axée sur le renforcement des capacités mené par les partenaires (notamment des ateliers, des webinaires, des modules de micro-apprentissage et des parcours de certification), appelant à l’élargissement des opportunités accessibles aux jeunes, telles que les stages auprès de partenaires privés et institutionnels, et à la mise en place d’un mécanisme commun de coordination, de suivi et de reporting. Au cœur de cette approche se trouve l’élaboration d’indicateurs mesurables (notamment les formations dispensées, les jeunes engagés, les opportunités créées et les activités mises en œuvre), soutenus par une plateforme dédiée permettant de documenter les actions, de cartographier les contributions des partenaires et de suivre les progrès collectifs, catalysés par les membres clés du Mouvement global de la jeunesse pour l’eau et ses partenaires tels que le Groupe majeur des Nations unies pour les enfants et les jeunes.

Alors que la communauté internationale se prépare pour la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026, le SIE reste déterminé à faire en sorte que les jeunes et la société civile soient non seulement présents, mais également reconnus comme co-architectes de solutions, de propositions concrètes, de capacités de suivi et d’énergie collective pour renforcer la gouvernance de l’eau pour les populations et la planète.






























