Le 10 décembre dernier, le Secrétariat International de l’Eau, en collaboration avec la coalition d’ONG l’Effet Papillon, le Mouvement global de la jeunesse pour l’eau et d’autres partenaires clés, s’est réuni pour le second webinaire de la série « En route vers la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026« .
Cet évènement avait pour objectif de:
- partager les dernières informations sur le processus de la Conférence et la réunion préparatoire de haut niveau qui se tiendra à Dakar, Sénégal les 26 et 27 janvier 2026
- Présenter des initiatives de plaidoyer inspirantes
- Définir conjointement les priorités thématiques pour chacun des six dialogues interactifs qui seront au cœur des discussions lors de la réunion de Dakar
Plus de soixante participants se sont répartis en salles de discussion afin de coconstruire des messages de plaidoyer jeunesse et société civile pour chaque dialogue, renforçant ainsi la coordination et l’impact des interventions lors de la réunion préparatoire.
Informations pratiques
La réunion préparatoire de haut niveau aura lieu les 26 et 27 janvier 2026 à Dakar. Elle préparera la voie à la réunion officielle des Nations Unies sur l’eau, qui se tiendra aux Emirats Arabes Unis du 2 au 4 décembre 2026.
Une réunion des parties prenantes précédera la session officielle le 25 janvier 2026, co-organisée par le German WASH Network et ANEW, en collaboration avec UN DESA.
Le SIE et ses réseaux partenaires sera présent, et organisera un atelier de renforcement de capacité jeunesse et société civile les 23 et 24.
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Une société civile et une jeunesse coordonnée
Grâce au soutien de nombreux partenaires, le webinaire a permis de définir des priorités thématiques pour chaque dialogue interactif. Retrouvez le compte-rendu de ces discussions ci-dessous
Dialogue interactif 1 – L’eau pour la population
Résumé
Le dialogue a mis en évidence l’eau comme un droit humain fondamental et une condition préalable à la santé, à la dignité et à la résilience, en particulier dans des contextes humanitaires et climatiques. Les participants ont souligné le lien entre l’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH) et les soins de santé, les effets dévastateurs de la pénurie d’eau dans les situations de crise (par exemple en Afghanistan) et les lacunes persistantes en matières d’assainissement et d’accès pour les communautés marginalisées. Les jeunes ont mis l’accent sur l’éducation, les parcours professionnels et la participation significative de toutes les parties prenantes, tandis que la société civile a appelé à une forte responsabilisation après la conférence (suivi des engagements pris), à un meilleur financement des actions locales et à des outils plus précis et transparents pour influencer la prise de décision.
Suggestions de messages de plaidoyer
- L’eau et l’assainissement sont des droits humains non négociables : les gouvernements doivent garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement, en particulier dans les situations de fragilité, de conflit et d’urgence humanitaire
- Financer l’adaptation là où vivent les populations : le financement de la lutte contre le changement climatique doit donner la priorité aux mesures d’adaptation menées localement et aux interventions WASH qui touchent les communautés locales et marginalisées
- Pas de santé sans eau : l’eau et l’assainissement doivent être pleinement intégrés dans les systèmes de santé afin de protéger la santé publique et la dignité de tous
- Responsabilité au-delà des engagements: la Conférence des Nations unies sur l’eau de 2026 doit mettre en place des mécanismes de responsabilité exécutoires, notamment pour la participation du secteur privé aux grands projets liés à l’eau
- Investir dans les jeunes en tant que professionnels de l’eau : développer les bourses, l’éducation et les opportunités d’emploi pour les jeunes, en particulier ceux issus de communautés marginalisées et autochtones, afin de former les jeunes et la future génération dans le domaine de l’eau
Dialogue interactif 2 – Eau pour la prospérité
Résumé consolidé
Les discussions ont souligné qu’une mauvaise gestion de l’eau nuit à l’économie, à l’emploi, aux systèmes alimentaires et à la stabilité sociale. Les participants ont identifié des inefficacités dans l’agriculture, les villes et l’industrie, dues à une mise en œuvre insuffisante de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), à des infrastructures obsolètes, à la pollution et à la pénurie institutionnelle d’eau. Si l’innovation est essentielle, elle doit être axée sur des objectifs, inclusive et fondée sur les connaissances existantes, y compris les pratiques autochtones. La prospérité dépend d’une gouvernance solide des bassins, d’un financement adéquat, de données et de capacités renforcées, et non d’approches sectorielles fragmentées.
Suggestions de messages de plaidoyer
- La mauvaise gestion de l’eau est un risque économique : les gouvernements doivent traiter l’eau comme un atout économique et social stratégique en investissant dans la gouvernance à toutes les échelles, et dans les infrastructures au niveau des bassins
- Briser les silos, donner la priorité à la GIRE: aligner les politiques agricoles, énergétiques, industrielles et urbaines grâce à une gestion intégrée des ressources en eau pleinement financée et inclusive
- La prospérité passe par l’équité: combler les fossés entre les zones urbaines et rurales, les lacunes en matière d’assainissement et la pénurie institutionnelle d’eau qui touchent de manière disproportionnée les communautés marginalisées
- Une innovation utile: soutenir les innovations adaptées au contexte (numériques, basées sur la nature, financières et liées à la gouvernance) en s’appuyant sur ce qui fonctionne déjà
- Fixer un prix équitable pour l’eau, protéger les personnes vulnérables: mettre en place des tarifs transparents et permettant de recouvrer les coûts, assortis de protections sociales, et appliquer le principe du pollueur payeur
Dialogue interactif 3 – L’eau pour la planète
Résumé consolidé
Les participants ont appelé à un changement fondamental dans la manière dont l’humanité se rapport à l’eau et à la nature. Les risques climatiques, en particulier la pénurie, les sécheresses et les inondations, s’intensifient, tandis qu les pressions économiques érodent notre lien avec les écosystèmes. Le dialogue a mis l’accent sur des approches holistiques et centrées sur la nature. La protection des écosystèmes d’eau douce nécessite de dépasser les modèles extractifs et axés sur le profit pour s’orienter vers une gouvernance fondée sur la science, ancrée dans les communautés et donnant la priorité à la planète.
Suggestion de messages de plaidoyer
- Protéger l’eau, source de vie: les écosystèmes d’eau douce doivent être préservés, car ils constituent le fondement de la résilience climatique et de toute vie sur Terre.
- Changer les mentalités: les gouvernements doivent passer d’une utilisation irrationnelle de l’eau à des approches holistiques et centrées sur les écosystèmes
- Déployer des solutions fondées sur la nature: restaurer les zones humides, les rivières et les aquifères en utilisant la science et les approches « de la source à la mer »
- Prévenir les catastrophes: des mesures proactives et préventives sont essentielles pour faire face aux sécheresses, aux inondations et à la pénurie exacerbées par le changement climatique
- Mettre le vivant au centre: les pratiques ancestrales et locales doivent être au cœur des décisions relatives à l’eau et à l’environnement
Dialogue interactif 4 : L’eau pour la coopération
Résumé consolidé
Ce dialogue a présenté la coopération dans le domaine de l’eau comme un moyen d’instaurer la paix, la justice, la dignité et l’équité. Les participants ont souligné les défis posés par l’héritage colonial, les tensions géopolitiques et les priorités concurrentes dans les bassins transfrontaliers. Les jeunes et la société civile ont insisté sur le fait que l’eau ne connaît pas de frontières politiques et ne doit jamais être utilisée comme une arme. Une coopération significative nécessite une gouvernance inclusive, l’égalité des sexes, l’institutionnalisation des jeunes, la transparence et des investissements soutenus, même dans les régions politiquement sensibles.
Suggestions de messages de plaidoyer
- La coopération dans le domaine de l’eau est une question de paix et de justice: la gouvernance transfrontalières de l’eau doit servir les populations, les écosystèmes et la stabilité à long terme, et non servir de levier politique
- L’eau ne connaît pas de frontière: les gouvernements doivent coopérer et rejeter l’utilisation de l’eau comme arme géopolitique
- Investir là où les tensions sont les plus vives: les régions sécurisées et fragiles ont besoin de plus d’investissements dans la gouvernance coopérative de l’eau
- Institutionnaliser l’engagement des jeunes et des communautés : les jeunes, les femmes et les communautés marginalisées doivent avoir un rôle officiel dans la diplomatie de l’eau et la prise de décision
- L’assainissement est essentiel à la dignité: l’ODD6.2 doit être considéré comme une priorité, car il est la pierre angulaire de la coopération et de la dignité humaine
Dialogue interactif 5 : L’eau dans les processus multilatéraux
Résumé consolidé
Les participants ont souligné la nécessité de maintenir l’eau en tête des priorités politiques mondiales au-delà de 2030. La gouvernance multilatérale de l’eau doit être continue, inclusive et responsable. Les jeunes et la société civile ont appelé à une participation structurée, à une meilleure coordination, à des données ventilées sur l’inclusion et à des liens plus étroits entre l’eau, le climat et d’autres processus internationaux. L’Envoyée spéciale pour l’eau et les stratégies à l’échelle du systèmes des Nations unies ont été considérées comme des vecteurs clés, à condition qu’ils incluent véritablement les parties prenantes.
Suggestions de messages de plaidoyer
- L’eau doit rester au centre des préoccupations post-2030: mettre en place un processus intergouvernemental régulier sur l’eau avec une forte implication des parties prenantes
- Tenir compte de la diversité des opinions: les processus multilatéraux doivent refléter les valeurs sociales, culturelles, écologiques et économiques de l’eau et ne laisser personne pour compte
- Institutionnaliser la participation des jeunes: les jeunes doivent avoir leur place dans les segments officiels, avec du temps, des ressources et des stratégies d’intégration claires
- Renforcer l’accès aux données et le suivi des engagements pris: les engagements doivent être mesurables, transparents et les données accessibles, ventilées et régulièrement mises à jour
- Intégrer l’eau dans tous les cadres des Nations unies: l’eau doit être pleinement intégrée dans les négociations sur le climat, les COP et les processus de développement plus larges
Dialogue interactif 6 : investissements dans le domaine de l’eau
Résumé consolidé
Ce dialogue a révélé une grave crise de financement de l’eau, mais également des opportunité inexploitées. Les participants ont souligné qu’un investissement efficace commence par les communautés, les connaissances partagées, la transparence et la littératie financière. L’innovation a été redéfinie comme un processus social et financier, et non plus seulement comme une technologie. L’une des principales conclusions est que les fonds existants restent souvent inutilisées en raison d’un manque de capacités, de clarté et d’accès, ce qui rend prioritaire une meilleure utilisation des ressources actuelles.
Suggestions de messages de plaidoyer
- Place les communautés au centre du financement de l’eau : les investissements doivent donner aux communautés locales et autochtones les moyens d’agir en tant que décideurs maîtres d’ouvrage
- Combler le déficit de financement grâce à la transparence: une traçabilité et une responsabilité solides et partagées sont essentielles pour garantir que les fonds parviennent à ceux qui en ont le plus besoin
- Redéfinir l’innovation dans le financement de l’eau : l’innovation comprend des solutions simples et adaptées ainsi que des mécanismes d’investissement plus claires et plus attractifs, et ne se limite pas aux outils de haute technologie
- Démocratiser les discussions sur le financement: les jeunes, la société civile et les communautés doivent être équipés pour comprendre et façonner les systèmes de financement de l’eau
- Mieux utiliser les fonds existants avant d’en rechercher de nouveaux: renforcer les connaissances financières et les capacités afin de libérer les ressources déjà disponibles
- Retrouvez la présentation powerpoint du webinaire ici
- Replay du webinaire ici
- Note de concept préparatoire aux dialogues interactifs ici
Prochain rendez-vous
Ne manquez pas le dernier webinaire de la série, le 14 janvier 2026 de 16h30 à 18h30 (CET).
