Du 8 au 10 décembre 2026, Abou Dhabi accueillera la troisième Conférence des Nations Unies consacrée à l’eau, coorganisée par les Émirats arabes unis et le Sénégal. Depuis plus d’un an, le Secrétariat international de l’eau (SIE) mobilise ses réseaux et partenaires afin que la jeunesse et la société civile puissent non seulement participer à ce rendez-vous mondial, mais contribuer réellement aux décisions qui façonneront l’avenir de la gouvernance de l’eau.
Relier les réalités locales aux décisions mondiales
Depuis plus de trente ans, le SIE agit comme catalyseur, facilitateur et amplificateur de la société civile et de la jeunesse dans la gouvernance de l’eau.
Cette mission s’appuie notamment sur deux grandes coalitions internationales facilitées par le SIE :
- le Mouvement global de la jeunesse pour l’eau, qui rassemble plus de 420 organisations de jeunesse;
- l’Effet Papillon, coalition de plus de 160 ONG, organisations de la société civile et organisations communautaires.
À travers ces plateformes, le SIE crée des passerelles entre les réalités vécues dans les territoires et les espaces internationaux de décision. Notre ambition est simple : faire en sorte que les personnes directement concernées par les enjeux de l’eau puissent contribuer aux politiques et aux décisions qui les concernent.
Notre message pour Abou Dhabi : participation, redevabilité et moyens d’agir
La Conférence de 2026 n’est que la troisième conférence des Nations Unies entièrement consacrée à l’eau, après Mar del Plata en 1977 et New York en 2023. Elle intervient dans un contexte marqué par différentes crises : pressions croissantes sur les ressources en eau, impacts climatiques de plus en plus importants, fragilisation de la coopération internationale, des conflits et tensions grandissantes. Dans ce contexte, le SIE défend une conviction : l’eau doit rester un espace de coopération, de dialogue et de paix.
Abou Dhabi doit également permettre de passer des engagements à la mise en œuvre. Cela implique des financements, des capacités renforcées, des données accessibles, des partenariats solides et des mécanismes permettant de suivre les progrès accomplis.
Le SIE et les coalitions qu’il facilite porte cinq messages prioritaires :
- Institutionnaliser la participation significative de la société civile et des jeunes.
La participation doit aller au-delà de la consultation : elle doit couvrir la définition des priorités, la prise de décision, la mise en œuvre et le suivi des engagements. Pour la jeunesse, Abou Dhabi doit contribuer au passage du statut de partie prenante à celui de véritable partenaire de la gouvernance de l’eau. - Investir dans les capacités et le leadership, particulièrement ceux des jeunes.
Une participation significative exige des ressources. Des financements dédiés et accessibles doivent permettre aux organisations de jeunesse et de la société civile d’agir et de développer leur leadership. L’ambition 30x30x30 propose notamment que, d’ici 2030, 30 % des personnes occupant des postes de responsabilité dans le secteur de l’eau aient moins de 30 ans. - Créer un mécanisme consultatif inclusif auprès de l’Envoyée spéciale des Nations Unies pour l’eau
Un mécanisme permanent, incluant notamment une représentation structurée de la jeunesse, permettrait d’inscrire les contributions de la société civile et des jeunes dans la durée, au-delà des grandes conférences internationales. - Renforcer la gouvernance mondiale de l’eau et la redevabilité.
Le SIE plaide pour une continuité entre le Forum mondial de l’eau de Dakar 2022, la Conférence sur l’Eau de New York 2023, Abou Dhabi 2026 et la Conférence sur l’Eau de 2028. Des rendez-vous intergouvernementaux réguliers sont nécessaires pour suivre les engagements, maintenir l’eau au plus haut niveau de l’agenda politique international et renforcer progressivement la gouvernance mondiale de l’eau. - Construire l’agenda post-2030 avec la société civile et les jeunes.
La période 2026-2028 sera déterminante pour préparer l’après-2030. L’ambition d’un accès universel à l’eau et à l’assainissement doit rester centrale, avec des responsabilités clairement définies et des mécanismes permettant de mesurer les progrès.
Ces cinq messages traduisent une même conviction : la société civile renforce la redevabilité, la jeunesse apporte continuité, innovation et renouvellement, et les institutions doivent créer les espaces et mobiliser les ressources nécessaires pour transformer cette participation en influence réelle.
Informer, renforcer les capacités et construire des positions communes
La mobilisation a débuté dès novembre 2025 avec une série de webinaires portée par le SIE « En route vers la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 », organisée par le SIE avec l’Effet Papillon, le Mouvement global de la jeunesse pour l’eau et le Groupe majeur des Nations Unies pour l’enfance et la jeunesse, avec le soutien d’ONU-Eau et de l’UNDESA.
L’objectif : permettre aux jeunes et aux organisations de la société civile de mieux comprendre les six dialogues interactifs de la Conférence, de renforcer leurs capacités et de construire progressivement des positions communes.
- Cliquez ici et ici pour en savoir plus
Dakar : passer de la consultation à la co-création
En janvier 2026, le SIE s’est mobilisé à Dakar à l’occasion de la réunion préparatoire de haut niveau et de la journée des parties prenantes.
À travers l’Effet Papillon, plus de douze organisations de la société civile ont pu participer au processus malgré les obstacles liés notamment aux visas et au financement. Avec ses partenaires jeunesse, le SIE a également contribué à l’organisation des journées interactives de la jeunesse et à l’animation des discussions consacrées à « l’eau dans les processus multilatéraux ». Un message s’est imposé : les jeunes et la société civile ne souhaitent plus uniquement être consultés. Ils veulent co-construire les solutions.
Porter les perspectives de la jeunesse dans le débat international
Tout au long de 2026, le partenariat entre le SIE et The Water Diplomat a permis de porter les perspectives des jeunes sur les grands enjeux de la Conférence : accès universel à l’eau et à l’assainissement, financement, renforcement des capacités, climat et biodiversité, coopération, diplomatie de l’eau et avenir de la gouvernance mondiale.
- Youth Call for Concrete Action, les attentes des jeunes envers la Conférence
- Dialogue interactif E, « L’eau dans les processus multilatéraux », sur l’importance du dialogue intergénérationnel
- Dialogue interactif A, « L’eau pour les populations », sur l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement
- Dialogue interactif F, « Investissements dans l’eau », sur les attentes en matière de financement
- Bridging the capacity gap, sur l’initiative Youth4Water et les lacunes de renforcement des capacités
- Dialogue interactif C, « L’eau pour la planète », sur la fragmentation entre climat, biodiversité et eau
- Du dialogue à la mise en œuvre : ce que les jeunes attendent de l’eau pour la coopération », sur la coopération et la confiance
En parallèle, les partenaires du Mouvement global de la jeunesse pour l’eau poursuivent un processus international de renforcement des capacités et de consultation autour des six dialogues interactifs afin de construire une position commune de la jeunesse.
Le SIE assure également un rôle de coordination du plaidoyer au sein du Comité d’organisation jeunesse de la Conférence, qui rassemble plus de 60 organisations. Les messages issus de ce processus contribueront notamment à la nouvelle phase de la campagne #FillUpTheGlass, lancée à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2023.
Faire entendre les régions : l’Amérique latine et les Caraïbes
Les 28 et 29 octobre 2026, le SIE et ses partenaires organiseront la conférence régionale en ligne « Fortaleciendo las Políticas del Agua en América Latina y el Caribe – Hacia la Conferencia del Agua de la ONU 2026 ».
Gouvernements, société civile, jeunesse, monde académique, organisations internationales et secteur privé seront réunis autour des six dialogues interactifs. L’objectif est de faire émerger des positions communes de la région pour contribuer à la préparation d’Abou Dhabi, avec une attention particulière portée aux groupes vulnérables, à la participation des jeunes et à la construction d’un agenda partagé.
Donner à l’eau une place permanente aux Nations Unies
La mobilisation du SIE passe également par la coalition de la société civile Effet Papillon.
À la suite d’une large consultation de ses membres, la coalition porte le message « Water needs a permanent home at the UN », articulé autour de trois demandes : instaurer des réunions régulières des Nations Unies sur l’eau, créer un mécanisme officiel de participation de la société civile et préparer dès maintenant un cadre ambitieux pour l’après-2030.
L’Effet Papillon contribue également à la Déclaration des parties prenantes de la Conférence 2026. Il pilote notamment les travaux consacrés à la création d’un processus intergouvernemental permanent sur l’eau et contribue aux propositions pour un mécanisme structuré de participation des parties prenantes.
- Découvrez le document de positionnement de l’Effet Papillon ici
- Cliquez ici pour plus d’information sur la mobilisation de la société civile
- Découvrez le site officiel de la Déclaration des Parties Prenantes et les moyens d’y contribuer ici
Rendez-vous à Abou Dhabi
À Abou Dhabi, le SIE poursuivra cette mobilisation avec ses partenaires.
Le 10 décembre, l’événement co-organisé avec la Finlande dans le cadre du programme officiel de la conférence « Youth4Water: from learning to work – mobilizing education, careers and meaningful engagement for SDG 6 » réunira États membres, universités, réseaux de jeunes, entités des Nations Unies et partenaires autour d’un enjeu déterminant : comment permettre à une nouvelle génération de passer de la formation à l’emploi, au leadership et à une participation réelle dans le secteur de l’eau?
Youth4Water, initiative phare adoptée lors de la 27e session du Programme hydrologique intergouvernemental de l’UNESCO et dont le SIE assure le secrétariat opérationnel, doit permettre de transformer cette ambition en actions concrètes dès 2027.
De Dakar à Abou Dhabi, et déjà vers 2028 et l’après-2030, notre engagement reste le même : relier les communautés aux espaces de décision, renforcer la capacité d’action de la jeunesse et de la société civile, et faire de l’eau un vecteur de coopération, de solidarité et de paix.